Seigneur, qu’ils aillent plus loin que moi !

Par Rachel Dufour

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les années semblent accélérer quand le chiffre qui les compte devient un nombre, de plus en plus imposant…
Avec les années qui défilent, des bilans s’imposent régulièrement pour pouvoir garder le cap. Les bilans impliquent un regard en arrière pour apprendre de ses erreurs et aussi remercier Dieu pour les succès.

Charles Stanley dit dans “ Success God’s Way” (Le succès selon Dieu) :

Dans les bons comme dans les mauvais temps, dans les jours médiocres et exaltants, dans les périodes de joie et celles de dur labeur, notre position devant Dieu devrait être : Père Céleste, Tu es en charge de ma vie. Je ne connais pas de succès autre que celui que tu me permets d’accomplir. Je te fais toute confiance pour conduire mes pas.

Nos erreurs, pardonnées par Dieu, nous rendent plus forts, et nos succès servent à rendre toute la gloire à Dieu, à Lui seul.

Après avoir fait le bilan du passé, il ne faut pas oublier de regarder vers l’avenir. Que nous donne un regard en avant ? Quelle ambition doit-on avoir pour notre vie et ceux que nous influençons par notre témoignage ?

Juste une petite réflexion sur l’ambition, en passant. Voilà un mot qui fait peur. En recherchant ce mot dans les versions Françaises de la Bible, j’ai été surprise de constater que je ne le trouvais pas… (ma recherche n’avait rien de poussé ni de scientifique… ). De plus, en regardant de près l’utilisation du mot anglais “ambition” que l’on trouve dans de nombreux versets et en comparant ces versets à ceux en français, on remarque que la traduction est toujours négative : “ambition” devient “esprit de parti », ou « esprit de dispute”.
J’ai bien aimé les articles de Samuel Foucart sur ce sujet “L’ambition est-elle répréhensible? ” et “Le complexe du homard”. Oui, nous pouvons et devons avoir de l’ambition pour notre vie, surtout si elle est dans le plan de Dieu.

En tant que “Serviteurs de Dieu”, nous sommes responsables des âmes que Dieu nous confie. Et nous sommes aussi responsables d’avoir de l’ambition pour chacune d’elles en particulier.

Ces âmes que Dieu nous confient sont nos “enfants” spirituels. Je vais donc mettre en parallèle les deux situations : les âmes que Dieu nous a confiées et la vie de nos enfants biologiques (et spirituels). Les notions de relation “parent-enfant” et “berger-brebis” peuvent être utilisées pour illustrer mon propos.

Jésus était le plus grand des professeurs. Il est notre Rabbi. Il nous forme, nous enseigne, nous équipe et nous sommes à Son écoute pour apprendre.

“ Le disciple n’est pas plus que le maître; mais tout disciple accompli sera comme son maître.” Luc 6: 40 (Version Louis Segond, LS)

“Tout disciple accompli” ici peut aussi être traduit par “tout disciple complètement formé”. Notre rôle en tant que responsable est de déverser tout ce que nous avons dans le coeur, l’âme et l’esprit de ceux que nous servons. Notre rôle est aussi de former nos enfants pour leur donner le maximum de ce que nous avons.

En investissant notre énergie, temps, amour dans cette transmission de bâton, nous devons avoir l’ambition qu’ils pourront construire leur propre vie avec pour plancher, notre plafond ! Je m’explique :

Notre désir pour eux est qu’ils démarrent leur vie avec des bases solides que nous aurons pu leur transmettre. Ces bases auront peut être été apprises par l’expérience, les épreuves, et le nombre des années mais elles deviendront des bases acquises pour ceux que nous formons. Et ce sera notre plus grande récompense !

Jésus lui même exprime ce désir et cette réalité : “En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père…” Jean 14:12 (LS)

En quittant cette terre et nous laissant le Saint Esprit pour compagnon, l’ambition de Jésus pour Ses disciples est qu’ils accomplissent de plus grandes choses encore que Lui. C’est une promesse qu’Il nous a laissé et qui est donc certaine.

Donc, lorsque les années passent et que cette “ambition” se réalise, il y a un risque d’en prendre ombrage et de se retrouver face à des conflits de générations. Celui qui a transmis peut se retrouver tout surpris de réaliser que celui qui a reçu va plus loin, prend plus de risques, prend d’autres directions, fais des choix différents… Il n’y a pas forcément de rejet de l’enseignement mais tout simplement une autre base de départ pour la construction : un étage supérieur parce que mon plafond devient son plancher… Et c’est une des plus grandes récompenses que l’on puisse recevoir.

Mon ambition pour chacun de nous : Une transmission de bâton tellement réussie que nos “enfants” aillent plus loin que nous, dans leur relation et leur service avec Dieu !