Peur, moi?

Par Eric-Vincent Dufour

Lors de la guerre civile Américaine (1861-1865), un général Sudiste, Thomas «Stonewall» Jackson, chrétien convaincu, répondit à l’un de ses capitaines qui lui demandait de s’abriter lors d’une bataille:
«Capitaine, mes convictions religieuses m’enseignent de me sentir autant en sécurité au coeur d’une bataille que dans mon lit. Dieu a déjà décidé du temps de ma mort, je ne me préoccupe donc pas de cela, mais plutôt d’être toujours prêt quelque soit le moment où cela arrivera. Il ajouta après une pause, regardant droit dans les yeux son subordonné : C’est ainsi que tous les hommes devraient vivre, ils seraient alors tous également courageux»

La foi de ce général, le rendait semblable au légendaire chevalier Bayard: «Sans peur et sans reproche !»
Mais vous, la peur, vous connaissez ?

Certains disent qu’ils n’ont jamais peur, d’autres qu’elle est leur compagne de tous les jours…
Nous réagissons tous différemment en face d’évènements particuliers, en fonction de notre personnalité, notre vécu, notre contexte de vie… Et il n’y a pas une seule cause de peur, mais plusieurs, différentes les unes des autres.

La peur est un phénomène naturel de protection, une réaction instinctive face à l’inconnu. Elle fait partie des émotions de notre âme. Nul ne peut dire qu’il ou elle n’a jamais connu la peur, mais certains ont appris à la dominer quand le moment le demande.Difficile de dire si nous aurions peur dans une situation donnée: Mon père, vétéran de la seconde guerre mondiale, me dit un jour que «Nul en temps de paix, ne peut imaginer ce qu’il ou elle serait capable d’accomplir ou pas, en tant de guerre ou de danger imminent contre les siens».

En tant que disciple de Jésus, pouvons nous exprimer nos peurs ? Est-ce une attitude «chrétienne» acceptable ?
La Bible nous parle souvent de la peur. Ce ne sont peut-être pas nos passages préférés, pourtant ces versets ont souvent une construction négative: «N’aie pas peur ou ne crains pas».

L’Eternel adresse cette exhortation un grand nombre de fois, à de nombreux personnages de l’Ecriture :

Il le dit à Abraham : «Abram, ne crains pas, je suis ton bouclier, et ta récompense sera très grande»,(Genèse 15:1)

A Isaac : «Je suis le Dieu d’Abraham ton père, ne crains pas, car je suis avec toi; je te bénirai, et je multiplierai ta postérité, à cause d’Abraham, mon serviteur» (Genèse 26:23).

A Jacob : «Et Dieu dit: Je suis Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains pas de descendre en Egypte, car là je te ferai devenir une grande nation». (Genèse 46:3)

A Moïse : «L’Eternel dit à Moïse: Ne le crains pas, car le le livre entre tes mains, lui et tout son peuple.»(Nombres 21:33)

A Josué : «Ne t’ais-je pas donné cet ordre: Fortifie-toi et prends courage ? Ne t’effraie pas et ne t’épouvante pas, car l’Eternel ton Dieu est avec toi dans tout ce que tu entreprendras» (Josué 1: 9)
Aux Apôtres : «Aussitôt Jésus leur dit: «Rassurez-vous, c’est moi, n’ayez pas peur»(Marc 6:50)
Au peuple d’Israël : Lors du passage de la Mer Rouge: «Moïse répondit au peuple: Ne craignez rien, restez en place et regardez la délivrance que l’Eternel va vous accorder en ce jour» (Exode 14:13))

Pour que l’Eternel adresse si souvent cette exhortation à ses bergers et au peuple lui-même, c’est qu’il s’agit pour chacun d’entre nous d’une réaction parfois dangereuse, capable d’entraver notre marche avec Lui et l’accomplissement de Son plan dans notre vie.

D’une certaine façon, la peur est comme une «soeur jumelle» de la foi. Si nous regardons à la définition de cette dernière dans Hébreux 11:1, nous lisons : «Or la foi est une ferme assurance des choses que l’on espère, une démonstration de celles que l’on ne voit pas».

La peur est, elle, comme une conviction que le pire se produira d’une manière quasi-certaine, quoi que nous fassions. Cette façon de penser a pour effet de nous paralyser face aux défis de la vie. Abraham, Moïse, David… ont connu la peur, parfois même commis de graves erreurs à cause d’elle. (Abraham lors de son premier voyage en Egypte avec Sarah ou l’Apôtre Pierre qui à cause d’elle niera à trois reprises connaître son Sauveur).

Il apparait comme difficile de surmonter nos peurs, cependant, pour qui accepte de les affronter, s’y préparer en tant qu’enfant de Dieu semble indispensable. Dans les semaines prochaines nous réfléchirons aux diverses raisons qui nous amènent à avoir peur, à nos réactions, et aussi aux solutions que nous pouvons y apporter. Mais en attendant, faisons nôtres les paroles laissées par Dieu au prophète Esaïe :
«Ne crains rien, car je suis avec toi; Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu; Je te fortifie, je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante.» (Esaïe 41:10).