Pardonner, réparer, restaurer

Par Rachel DUFOUR

Le pardon est la base de notre foi en Christ. Il est mort pour nos péchés pour que nous puissions être pardonnés mais aussi pardonner à ceux qui nous ont offensés.

« Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père céleste ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. » Matthieu 6 :14-15

Le pardon n’est pas une option ! Que nous le ressentions ou non, c’est une décision !
Il relève d’un processus qui n’est pas instantané mais requiert plusieurs étapes :

Compter les blessures,
Évaluer les dégâts,
Les remettre entre les mains de Jésus en les Lui abandonnant complètement pour que l’offense soit transférée entre notre Dieu et l’offenseur.

Il faudra sans doute accepter que l’offenseur ne réalise jamais la douleur affligée. Ne pas s’accrocher à cette peine, c’est ne pas autoriser ce poison de souffrance à nous détruire de l’intérieur. Le pardon est une vraie libération, de l’intérieur vers l’extérieur !

Jésus va plus loin que l’étape du pardon. Malgré nos chutes, Lui nous redonne sa confiance !
Voilà une notion très difficile à embrasser, comment faire à nouveau confiance ?

Bien sûr, je ne parle absolument pas ici d’une situation où la personne offensée serait mise en danger par l’offenseur! Le pardon reste une étape indispensable pour la victime, (parce que le pardon prend uniquement place entre Dieu et l’offensé et non entre l’offensé et l’offenseur…) mais la « victime » doit absolument se mettre en sécurité, ainsi que sa famille.

Regardons l’exemple de Pierre.
« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » déclare « l’heureux » Pierre (Matthieu 16 :13-17). Il connaît vraiment Jésus et vit une marche par la foi qui est remarquable (sortie de la barque).

Jésus l’avertit : « Satan vous a réclamés pour vous cribler … Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » Luc 22 :31-33

Malgré sa relation intime, sa marche avec Jésus, Pierre va Le renier trois fois, avant le troisième chant du coq, comme Jésus le lui avait dit. « Il pleura amèrement. » Luc 22 :62

Il est facile d’imaginer les remords et les regrets qui ont du tourmenter Pierre, sa demande de pardon qui est montée vers le Père…

Au moment où les femmes viennent annoncer la résurrection de Jésus, tous les disciples ont du mal à les croire mais Pierre se lève promptement pour aller constater que le tombeau est vide, et là, il ne comprend toujours pas… (Luc 24 :9-12). Il est dans une période de grande confusion.

Le fougueux disciple a renié son Sauveur, mais Jésus ne le laisse pas de côté pour autant. Lors de sa troisième apparition après la résurrection, Jésus donne enfin l’opportunité à Pierre de réaffirmer son amour pour Lui. Il lui offre une possibilité de réparer, à la hauteur de la faute commise.

Par trois fois Pierre a renié, par trois fois, il va pouvoir « prouver » son amour. Il est alors « revenu », comme Jésus le lui avait dit (Luc 22 :33) et Il va être celui choisi pour prêcher lors du premier grand rassemblement de la Pentecôte. (Actes 2 :14)

Jésus lui a pardonné, lui a donné l’occasion de se « racheter » puis Il l’a restauré, complètement.
De nos jours, qui de nous aurait fait confiance à cet homme ? Je ne suis pas sûre que nos institutions l’auraient utilisé comme Dieu l’a fait.

Quelle leçon pour nous ! Lorsque le pardon est réel et complet, nous devons donner une chance à la personne qui nous a offensés de nous prouver son « retour ». Les étapes de ce prix à payer doivent être définies par la personne offensée, en proportion de la peine subie, bien sûr.
De quoi ai-je besoin pour pouvoir faire à nouveau confiance ? Et pendant combien de temps, il ou elle devra me prouver son « retour » ?

La période de réparation doit conduire à une restauration complète… Pierre n’a pas eu à payer toute sa vie sa trahison.
« … Les choses anciennes sont passées ;voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, … et qui nous as donné le ministère de la réconciliation. » 2 Corinthiens 5 :17-18

Le jour de la restauration devrait être un jour de célébration, une date à marquer dans le calendrier, comme le jour de la Pentecôte pour Pierre, pour que lorsque notre mémoire veut nous ramener dans le passé, ce soit le jour de la célébration qui devienne le souvenir lié à l’offense du passé.

N’est ce pas ce que Dieu fait avec nous ?