Le chemin de l’intimité avec notre Sauveur

Par Eric-Vincent Dufour

Il y a quelques années de cela, j’étais avec un ami, pasteur de longue date, connu pour la qualité de son ministère et la chaleur de sa personnalité.

Nous discutions sur un ton badin quand, changeant d’attitude, il me dit soudain, comme plongé à haute voix dans une réflexion intérieure:

“Tu sais Eric, je ne sais pas où je serai aujourd’hui si je n’avais pas eu le ministère pour m’obliger à continuer. Je lis la Bible parce que je dois plusieurs fois par semaine apporter des messages à l’assemblée. Je prie tous les jours car des croyants sont dans le besoin, aussi parce qu’il me faut être prêt pour les réunions… Mais si nous n’avions pas cela, nous les pasteurs, où en serions nous ? Nous sommes des privilégiés.”

Sa réflexion d’une telle franchise, pénétra si profondément mon coeur de jeune prédicateur qu’elle résonne encore aujourd’hui avec autant de force qu’elle le fit ce jour là.

 Où en serions nous sans notre ministère ? Que serions nous si le Seigneur dans sa souveraineté nous retirait soudain pour un temps indéterminé ce ministère si précieux qu’Il nous a confié ? Que resterait-il de notre marche avec Lui ? De notre vie de foi ? Serions nous toujours attirés par Sa Parole tous les matins ? Aurions nous toujours l’envie de nous tenir dans sa présence, rien que pour Lui ? Sans intérêt aucun, sans message à préparer ? Que deviendrions nous si nous ne pouvions plus exercer à cause d’une maladie ou d’une toute autre raison, si le Dieu que nous servons nous faisait passer comme tant d’autres avant nous, par un temps de “désert” où nous serions gardés à l’écart de tout service actif ?

Si Dieu voulait nous y apprendre quelque chose au sujet de nous mêmes ?
Vous croyez que cela n’est pas possible ?

Regardons à la vie de Paul. Il passa de nombreuses années soit à l’écart, au moment même où l’Eglise aurait eu le plus besoin de lui. Pour tenir, il fallait qu’il puisse trouver sa valeur propre ailleurs que dans le seul exercice de son ministère public: dans sa position personnelle en Christ.

Et aujourd’hui autour de nous ? J’ai entendu souvent des pasteurs me confier qu’ils n’avaient plus depuis longtemps de relation personnelle satisfaisante avec leur Créateur. Que toute saveur avait disparu, qu’il ne restait plus qu’ un “travail”.

Prenons le temps pour peser dans le secret de nos coeurs l’importance de ces questions. Soyons totalement honnêtes avec nous mêmes…

Alors que faire si nos réponses démontrent une dépendance spirituelle envers notre ministère devenue plus importante que celle envers notre Dieu ? Les raisons peuvent être multiples.

Tout d’abord nous souvenir que Dieu nous aime tels que nous sommes, et que notre valeur à ses yeux ne dépend pas de ce que nous faisons, de ce que nous réussissons ou pas. Mais de qui nous sommes en Lui. Il nous connaît parfaitement. Il est le Juge des coeurs et des motivations secrètes. Il sait qui se cache derrière les masques.

Ensuite, comme une première étape toute simple, pourquoi n’essayerions nous pas de séparer notre temps de travail, de notre temps de méditation personnelle ? Pour cela, voici ici quelques idées pratiques pour nous aider à retrouver le chemin de l’intimité avec notre Sauveur:

Acheter une nouvelle Bible! Ce sera “la Bible de Jésus”. Celle-ci, interdiction absolue de souligner ou d’écrire quoique ce soit dedans. Prenez un carnet pour cela. Interdiction aussi de l’utiliser pour préparer le moindre sermon. Elle sera juste pour vous et votre Dieu. Pour la relation altruiste et désintéressée d’un Papa avec son enfant. Pour retrouver le son de Sa voix à nouveau vous parler de Lui-même, de son amour pour vous, pour votre famille.

Ensuite, chaque fois que cela est possible, n’ayons pas notre temps de dévotions personnelles au bureau, ni dans nos heures de préparation de sermons ! Je sais que cela peut au début paraître difficile, voire impossible, que nous sommes tous “débordés”, que “c’est plus pratique”… Mais la confusion vie publique / vie privée ne nous aide pas.

Prenons notre temps personnel sur notre temps privé comme toute personne travaillant dans un emploi séculier le fait. Que dirions nous si des employés prenaient sur leur temps de bureau pour lire leur Bible ou avoir leur temps de prière personnel ? Nous prions certes en tout temps et en tous lieux, mais ce n’est pas de cette prière là dont il s’agit ici.

Retrouvons le goût du silence devant Lui. Sans Bible, ni CD, juste Lui et vous. Marchons seul avec Lui. Prenons à nouveau du plaisir dans sa présence, sans pression, sans besoin d’un résultat, juste pour tomber à nouveau amoureux de Lui.

Juste cela… mais n’est-ce pas précisément de cela dont nous avons le plus besoin pour commencer ?

A méditer : Apocalypse 2 : 2-5.