Fatales comparaisons !

Par Eric-Vincent Dufour

Nous connaissons tous le célèbre passage de 1Samuel 17: 31-58 où le jeune berger David, venu visiter ses frères sur le champ de bataille, découvre l’armée de l’Eternel paralysée par le géant Goliath. Dans un sursaut d’indignation face aux insultes du Philistin contre le peuple d’Israël et son Dieu, David relève le défi que même le roi d’Israël refusait.

C’est alors que se produit un évènement qui semble mineur au premier abord, mais qui revêt une importance capitale dans le déroulement de l’histoire:

Le roi Saül, va essayer de convaincre David de renoncer à l’affrontement: «Tu ne peux pas aller te battre avec ce Philistin car tu n’es qu’un enfant, et il est un homme de guerre depuis sa jeunesse !» (v33). Puis, devant son obstination, il propose à David de porter l’armure royale pour le combat, offre que le jeune berger rejettera après un essai rapide par ces mots: «Je ne peux pas marcher avec cette armure, je n’y suis pas habitué, et il s’en débarrassa» (v38).

Que cela signifie t’il pour nous aujourd’hui ? Simplement, que David venait d’échapper à un danger au moins aussi grand que Goliath: Celui qui consistait à se comparer au Roi et à revêtir une armure qui n’était pas faite pour lui.

De nombreux serviteurs et servantes de Dieu aujourd’hui, recherchent dans des ouvrages spécialisés, des biographies, des CD, DVD… des sources d’inspiration pour développer leur leadership, améliorer leur potentiel personnel dans leur service pour Dieu etc …

La plupart de ces ressources sont excellentes en ce qu’elles nous ouvrent l’esprit à d’autres expériences, d’autres façons de penser ou d’aborder des problèmes donnés.

Mais un écueil peut cependant surgir et rapidement avoir un effet pervers dans notre vie, si l’on y prend pas garde: L’impression de ne pas être celui ou celle que nous devrions être.

Comment ?

Nous commençons à nous comparer à d’autres, et regrettons «de n’avoir pas les dons de celui-ci ou de ne pas être comme celle-là…»: «Pourquoi untel à t’il réussi, et pas moi…?»

Nous remettons en cause les choix de Dieu concernant notre personnalité, notre appel, nos dons, notre ministère, le contexte de notre vie… «Dieu a t’il pu se tromper avec nous ? Pourquoi ne nous a t’il pas fait de telle ou telle manière, plutôt que… ? «

Nous nous mettons à envier une position, une réussite, un don que nous pensons essentiel à notre «bonheur» ou à notre «accomplissement» et que nous n’avons pas, «à l’inverse d’untel…»

Elisabeth Elliot, épouse de Jim Elliot, missionnaire Américain tué lors d’un contact avec les indiens Huaoranis, en Equateur, dit ceci:

«L’un des plus grands obstacles à une vie de contentement est l’envie de la position d’une autre personne, d’une opportunité, d’un statut marital, d’une situation économique, du succès d’un autre…Ne laissons pas de telles envies détruire notre joie de vivre. Acceptons et remercions Dieu pour ce qu’il nous a donné, sans accepter de le gâcher par ce que nous n’avons pas».

Si David avait accepté de porter l’armure du Roi par soumission, orgueil, convoitise, ou conviction qu’elle seule lui permettrait d’être à la hauteur du défi lancé par Goliath, que se serait-il passé ?
Il ne pouvait pas courir avec! Elle représentait le danger d’une mort certaine, car elle n’avait pas été préparée pour son gabarit, son appel, ou ses capacités !

Quelles étaient les qualités militaires de David ?

Au regard des standards exigés: aucune ! Pas d’entraînement au maniement de l’épée, de la lance, ou du bouclier… Il était trop jeune, pas formé dans le moule «classique». Il n’avait aucune chance aux yeux des hommes, et pourtant ! Sa préparation ne ressemblait pas à celle que les guerriers d’alors recevaient, mais elle était bien réelle et concrète, à la fois physique et psychologique (v 34-37). C’était celle de la victoire !

Que se serait-il passé si David s’était laissé convaincre que ce que Dieu lui avait appris n’était d’aucune valeur ? Si il s’était comparé aux autres, apitoyé sur lui-même et avait renoncé en se disant: «Que si seulement il avait eu la chance de suivre une formation militaire comme ses frères, il aurait peut-être pu battre Goliath?»

Il serait passé à côté de l’évènement déterminant pour toute la suite de sa vie !

Mon frère, ma soeur, ne rejette pas la personnalité ou l’expérience que Dieu t’a données, cesse de te comparer aux autres, d’envier leur «armure», et de diminuer ce que tu as reçu, ton Créateur n’a pas commis d’erreur à ton égard !

Dieu ne s’était pas trompé en formant David d’une manière anti-conformiste: Il l’avait préparé pour un rôle que lui seul pouvait accomplir!

Aie foi qu’ Il en est de même pour toi et rend gloire à Dieu !

«Un esprit satisfait, est la plus grande bénédiction qu’une personne puisse apprécier en ce monde». Joseph Addison