Craindre ou Convaincre ?

Par Eric-Vincent Dufour

“La crainte des hommes tend un piège, mais celui qui se confie en l’Eternel est protégé” Proverbes 29:25

L’une des plus grandes limites à notre action pour le Royaume de Dieu, est notre peur de l’opposition.

En tant que chrétiens, nous voudrions que nos frères et soeurs soient toujours en accord avec nous, quoi que nous fassions. Nous aimerions que la majorité des croyants puisse comprendre et adhérer à notre vision. Un tel désir peut sembler louable de prime abord, mais reste malheureusement une utopie. Pourquoi ?

Tout d’abord, parce que notre Seigneur, nous demande clairement de ne pas rechercher cette approbation générale : “Malheur lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c’est ainsi qu’agissaient leurs pères à l’égard des faux prophètes” (Luc 6:26)

Ensuite, parce que notre Sauveur lui-même rencontra une opposition extrêmement forte à son ministère, auprès de ceux-là même qui auraient dû l’accueillir : “Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses. Et s’étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas” (Luc 4: 28-29)

Des divergences de point de vue existèrent aussi au sein de ses apôtres, au point de devenir parfois une source de conflits : Entre Paul et Barnabas: “Ce dissentiment fut assez vif pour qu”ils se séparent l’un de l’autre” (Actes 15:39a); Paul et Apollos (1 Corinthiens 16:12).

Nous sommes appelés à être des ouvriers de paix, pas des diviseurs du corps de Christ. Pourtant, la diversité de nos origines, nos expériences, nos contextes de travail, nos visions… fait que souvent, des tensions apparaissent au sein d’équipes de serviteurs de Dieu, voire des crises, rendant impossible la continuation d’un travail en commun.

Une divergence de points de vue, voire une opposition avec certains de nos frères et soeurs doivent-elles nous arrêter dans nos projets ? Que faire quand de telles situations prennent place ?

L’Ecriture nous demande instamment de préserver la communion fraternelle chaque fois que cela est réalisable : “S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes” (Romains 12:18)

Elle nous demande aussi d’être soumis aux autorités que Dieu a établies : “A nos conducteurs” (Hébreux 13:17), “à nos maîtres qu’ils soient bons et doux mais aussi à ceux d’un caractère difficile…” (1Pierre 2:18), “Aux anciens” (1Pierre 5:5) tout cela pour une seule raison : “à cause du Seigneur” (1Pierre 2:13).

L’obéissance, même quand des situations semblent injustes, est souvent le chemin par lequel notre Seigneur teste notre dépendance à Sa souveraineté, car :“ Il est bon de porter le joug pendant la jeunesse” (Lamentations 3:27). “Car c’est une grâce de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu, quand on souffre injustement” (1 Pierre 2:19)

Cependant, nous le savons, des abus ont parfois été commis par des conducteurs, au nom de cette exigence d’obéissance. C’est aussi pourquoi, Paul rappelle à ceux qui dirigent qu’eux aussi doivent agir avec justice, et sans pressions à l’égard de ceux que Dieu leur a confiés. (Ephésiens 6:9)

Quand surgit un conflit dans notre service entre notre devoir de respect et notre appel, que devons-nous faire ?

Premièrement, rechercher la face de Dieu, afin de ne pas accomplir notre volonté, mais la Sienne.

Ensuite, nous souvenir qu’il n’y a pas d’appel Divin qui ne rencontre de l’opposition à sa réalisation.

Je dirai même que le propre de tout véritable appel est précisément de rencontrer, et ce, souvent dès ses premiers pas, une opposition telle qu’il devient rapidement impossible d’avancer sans que des miracles, qui ne dépendent plus de nos capacités mais de la seule volonté Divine, ne soient indispensables. Il n’y a pas en fait de meilleure position pour le croyant, que celle où dans une faiblesse totale, il ne peut plus compter que sur la seule puissance d’en haut, pour confirmer son appel aux yeux des hommes !

Joseph, Moïse, Gédéon, David, Néhémie… la plus part des héros de l’ancienne alliance durent faire face à une opposition féroce de la part de leurs frères et soeurs, avant de pouvoir entrer dans la voie que Dieu leur demandait de suivre !

Il n’en fut pas différent pour les apôtres : Les Actes et les épîtres, retracent les mêmes scénarios !

Souvenons-nous de Pierre qui face à Jésus marchant sur l’eau, décida de faire fi des oppositions possibles de ses amis, sorti de la barque et se lança dans l’aventure de la foi. Il fut ainsi le seul des Apôtres à risquer la critique, mais aussi, à vivre le miracle !

Toute idée nouvelle rencontre forcément de l’opposition. Alors, accepte-la et suis ton appel en louant Dieu et en priant qu’Il ouvre les coeurs autour de toi !